Revue de presse

Un documentaire sur d’anciens ­djihadistes accusé d’ "islamophobie" (lefigaro.fr , 21 déc. 22)

23 décembre 2022

[Les éléments de la revue de presse sont sélectionnés à titre informatif et ne reflètent pas nécessairement la position du Comité Laïcité République.]

"Accusée d’islamophobie et de racisme pour son film traitant de la réhabilitation d’ex-djihadistes, Meg Smaker se bat pour qu’il soit diffusé.

Par Adrien Jaulmes

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Lire "L’effarant combat d’une documentariste contre les censeurs woke".

[...] Les premiers critiques saluent un document exceptionnel. Après la sélection de Sundance, le documentaire est programmé dans de nombreux festivals à travers le monde. Tout s’est effondré en quelques semaines. Au début de l’année 2022, une poignée de documentaristes d’origine arabe ou musulmane lancent une violente campagne sur les réseaux sociaux contre Meg Smaker et Jihad Rehab. Ils accusent la cinéaste, américaine blanche, de s’être rendue coupable d’islamophobie et de racisme. Avant même la diffusion du film, et sans que la plupart des critiques l’aient vu, le documentaire est taxé d’orientalisme, accusé de véhiculer des préjugés contre les Arabes et les musulmans, et de perpétuer la domination culturelle occidentale.

Certains vont jusqu’à dénier à une ­cinéaste occidentale toute légitimité à traiter d’un sujet consacré à des musulmans. D’autres l’accusent de ne pas avoir obtenu le consentement des personnages filmés, et de les avoir ainsi mis en danger, ou d’avoir violé la présomption d’innocence. Plus généralement, ils lui reprochent d’associer les musulmans avec le terrorisme.

L’une des plus virulentes est Assia Boundaoui, une documentariste algéro-américaine. Elle dénonce dans une tribune publiée sur le site de l’Association internationale des documentaristes l’empathie montrée par la cinéaste pour ses personnages comme une forme supplémentaire de mépris, le syndrome du sauveur blanc. « Le titre malheureux du film est à la fois inexact et offensant : “Rehab” fait référence à un centre d’incarcération en Arabie saou­dite et l’assimilation désinvolte du mot “Jihad” au terrorismeest offensante pour les musulmans, écrit-elle. Le manque d’intérêt pour la narration de sujets nuancés présentant un point de vue musulman… est un problème qui touche l’ensemble de l’industrie du film documentaire et de la fiction. » Une non-musulmane, parlant l’arabe avec un ­accent, n’a tout simplement rien à dire sur le sujet. [...]

Meg Smaker, qui s’attendait plutôt à être accusée de complaisance pour d’anciens terroristes, qu’elle filme avec une certaine empathie, est abasourdie.

«  Je ne m’attendais pas à de telles attaques, de la part d’un monde qui prétend défendre la liberté d’expression et celle de l’artiste », dit aujourd’hui Meg Smaker. « Ni que des institutions comme Sundance ou South by Southwest réagiraient ainsi, et capituleraient devant les attaques de six personnes sur Twitteret les réseaux sociaux qui n’ont même pas vu le film. Ça a été une surprise, un choc et une déception. » [...]"


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