(Marianne, 6 mars 25) 11 mars 2025
[Les éléments de la Revue de presse sont sélectionnés à titre informatif et ne reflètent pas nécessairement la position du Comité Laïcité République.]
"Par ici la monnaie ! Soutenu par la passivité de l’État, le marché éducatif, en plein essor, permet à de (trop ?) nombreuses écoles privées de fleurir sur le territoire. Au détriment des étudiants.

[...] « Le privé se vante de recruter des formateurs salariés mais, en réalité, les étudiants ont souvent face à eux une sorte de sous-prolétariat professoral qui se vend dans plusieurs écoles à vil prix. On leur demande de tout faire. J’ai déjà vu des cours d’anglais donnés par un prof de marketing sous prétexte qu’il avait un peu travaillé à Londres. Un professeur de maths sans master, donc avec un niveau inférieur à un enseignant de lycée. Ou un formateur en marketing à qui on demande de s’improviser sur le numérique alors qu’il n’y connaît rien. Ce n’est pas sérieux », raconte le responsable des ressources humaines d’un grand groupe… lequel reconnaît qu’il n’inscrirait certainement pas ses propres enfants dans les écoles pour lesquelles il travaille.
Comme le rappelle Laurent Batsch, ancien président de l’université Paris-Dauphine-PSL, « il est plus difficile d’ouvrir un salon de coiffure qu’une école privée dans l’enseignement supérieur ». Officiellement, le gouvernement travaille à une régulation. Au ministère de l’Enseignement supérieur, Philippe Baptiste assure exclure de la plate-forme Parcoursup les établissements « aux pratiques commerciales mensongères ou frauduleuses ».
« Nous nous devons de lutter contre les fraudes, d’autant plus qu’elles touchent souvent des familles modestes et de classe moyenne », ajoute le ministre, offusqué d’avoir pu trouver, par exemple, des formations à distance pour devenir photographe. Patrick Hetzel, son prédécesseur, avait évoqué 400 à 500 formations frauduleuses. Il souhaitait renforcer les contrôles et imposer une charte déontologique dans les salons d’orientation. Le ministère du Travail et celui de l’Enseignement supérieur « ne se parlent pas », critique toutefois un haut fonctionnaire : « Si l’État était à la mesure du sujet, il devrait avoir un regard triple : inspection des finances, inspection de l’enseignement supérieur et inspection du travail. » [...]"




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