Revue de presse

Pierre-André Taguieff : « Pour les néoantiracistes, la blanchité est un péché originel » (Le Figaro Magazine, 31 oct. 25)

(Le Figaro Magazine, 31 oct. 25). Pierre-André Taguieff, philosophe, politiste et historien des idées 1er novembre 2025

[Les éléments de la Revue de presse sont sélectionnés à titre informatif et ne reflètent pas nécessairement la position du Comité Laïcité République.]

Pierre-André Taguieff, Du racisme en général et du racisme anti-Blancs en particulier, éd. H &O, aoôt 2025, 204 p., 17 €

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"[...] Il s’agit clairement d’une mise en accusation globale d’un groupe humain caractérisé avant tout par la couleur de peau de ses membres et certains traits de son histoire civilisationnelle censés dévoiler son racisme, tels que l’esclavagisme et le colonialisme, comme si les peuples « blancs » avaient été les seuls à avoir pratiqué la traite des esclaves et colonisé des territoires étrangers. Il est difficile de faire ici la part de l’ignorance et de la malveillance. [...]

Vous interprétez l’antiracisme comme une idéologie à part entière, dont le racisme anti-Blancs est devenu une composante implicite. « La mythologie coloriste est passée du vieux racisme au nouvel antiracisme dit politique » , écrivez-vous. Comment s’est opéré le glissement d’une critique légitime des discriminations vers une condamnation morale de la « blanchité » ?

Le cœur de l’argumentation néoantiraciste se trouve dans la thèse que le racisme est l’expression d’une domination ou d’un pouvoir. Or, le pouvoir, dans les « sociétés blanches », étant détenu et exercé par les « Blancs » qui sont irrémédiablement racistes, ces sociétés sont nécessairement racistes. La grande prêtresse américaine de la religion néoantiraciste, Robin DiAngelo, a énoncé le dogme : « La suprématie blanche est le fondement des sociétés occidentales. » De très nombreux ouvrages « antiracistes » sur le racisme parus aux États-Unis depuis les années 1980 soutiennent la thèse de « la nature indélébile du racisme blanc ». Traduisons : les « Blancs » ne peuvent cesser d’être « racistes », car la « race blanche », pour être une construction sociale, n’en est pas moins porteuse de racisme. La référence à la « race » n’a donc pas disparu. Le racisme est devenu l’attribut principal de la « blanchité ». Mais alors que les « Blancs » sont accusés de racisme, ils seraient les seuls à l’être. D’où le rejet sans discussion de la notion de « racisme anti-Blancs », perçue comme autocontradictoire. [...]

Le rejet haineux du « Blanc » est-il indissociable de celui du Français, de l’Européen, de l’Occidental, du juif ou du chrétien ?

C’est là en effet l’une des principales nouveautés de la configuration néoantiraciste : elle met en œuvre une vision racialiste qui dérive vers une criminalisation et une diabolisation des « Blancs », accusés d’être les inventeurs, les orchestrateurs et les exploiteurs du racisme. Les dénonciateurs du « privilège blanc » en viennent à imaginer un « privilège sioniste » qui fait renaître la vieille accusation complotiste et antijuive des « Juifs maîtres du monde » sous divers masques, du capitalisme ou de la « haute finance » au sionisme « raciste, impérialiste et colonialiste »."


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