(Le Point, 9 oct. 25) Kamel Daoud, écrivain, Prix international de la Laïcité 2020 15 octobre 2025
[Les éléments de la Revue de presse sont sélectionnés à titre informatif et ne reflètent pas nécessairement la position du Comité Laïcité République.]

Lire "Kamel Daoud : « Flottille et floutage »".
"[...] Aujourd’hui, ce même personnage typique de la pensée islamiste participe à la flottille Sumud avec le même opportunisme. C’est la pratique habituelle des islamistes, qui se posent en tuteurs des idiots utiles en Occident et les poussent vers la vitrine pour se cacher derrière eux. Cette flottille impose ainsi la futilisation du conflit palestinien et un spectacle presque malsain. [...]
De fait, la flottille matérialise la jonction entre théâtralisation occidentale du drame, contrition postcoloniale et usage rusé de la culpabilité par les islamistes. Les Palestiniens ? Ils sont absents des navires, des plateaux télévisés. On parle en leur nom, on endosse leurs keffiehs, on les ignore. [...].
Tel est le visage des parasites de ce drame. La vision « libératrice » islamiste est fondamentalement haineuse envers les Juifs. Le chef islamiste algérien cite un vétéran de la guerre d’indépendance : « Un moudjahid me racontait, expliqua Makri, que “les Juifs, on les égorgeait, car ils ne valent même pas la dépense d’une balle”. » Et il ajoute : « Nous avons une longue histoire avec les Juifs. C’est ce qui explique que nous sommes le seul pays à utiliser le mot “Juif” comme une insulte. » C’est déclamé dans la fierté. Mais, sur la scène de la flottille, il dira autre chose.
En fin de compte, la Palestine est un meurtre de dos et de face. Ceux qui en profitent ne veulent pas libérer ses vivants mais se servir de ses morts.
Dilemme insupportable : libérer les Palestiniens semble parfois libérer concomitamment l’islamisme ; se taire sur le sort des morts participe à l’injustice."
Comité Laïcité République
Maison des associations, 54 rue Pigalle, 75009 Paris
Voir les mentions légales