Note de lecture

Th. Martin - "Quand Guy Lux est entré dans ma chambre d’hôtel" (E. Moreau)

par Edouard Moreau 17 juillet 2025

[Les échos "Culture" sont publiés à titre informatif et ne reflètent pas nécessairement la position du Comité Laïcité République.]

Thierry Martin, La Baule, back street, amazon.fr, 2025, 32 p., 3 e.

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C’est une remémoration fruit d’une conversation par texto avec son ami Édouard que nous donne à lire Thibault, le narrateur. Il cherche à situer un évènement insolite qu’il a vécu avec sa maîtresse à La Baule : quand Guy Lux est entré dans leur chambre d’hôtel.

Le lecteur comprend que le narrateur a une maîtresse, mais qu’il aime Sixtine, qu’il appelle sa femme, avec laquelle il ne vit pas encore. Marjolaine, sa maîtresse, ne le sait pas, mais le soupçonne d’être seul. Il lui affirme le contraire. Au fond, elle préfèrerait être simplement jalouse plutôt qu’humiliée.

Dorine est belle a en oublier les fautes dans sa lettre de motivation. Il l’a embauchée sur le champ. Mais pas question de baiser dans l’évêché.

"Marjolaine était ma maîtresse parce qu’elle n’avait pas vocation à devenir ma femme.

Ma femme c’était Sixtine. Son visage, son esprit, son corps m’allait comme un gant. Sensation de parfait emboitement quand nous avons fait la bête à deux dos. Une épée dans son fourreau, une chaussure au pied de Carrie Bradshaw de Sex and the City. Je la comparais à Cameron Diaz, la bouche moins grande, mais tout aussi drôle, disons qu’elle avait un faux air de Diana. Elle m’appelait son Hugh, comme Hugh Grant, elle m’appelait aussi Alf. Mes finances s’étant nettement améliorées, j’avais déménagé en juillet 2006 dans un bel Haussmannien spacieux rien que pour elle, et moi. Finalement c’est avec Dorine que je l’ai aménagé."

Il ne s’agit aucunement d’une de ces détestables autofictions, nous dit l’auteur. En revanche il crée un effet d’évidence, comme s’il nous donnait des preuves de réalité. Ainsi, à l’enchâssement de deux récits se superposent les souvenirs comme des couches d’écriture sur un palimpseste.

Pour le lecteur tout est vrai parce qu’il a d’emblée envie d’y croire. Le travail de l’auteur est de se faire oublier pour permettre au lecteur de retrouver la naïveté de l’enfant qui lit une histoire et y croit dur comme fer.

La Baule, back street est une nouvelle de Thierry Martin à la fois légère et plus profonde qu’elle ne s’en donne l’air, à lire, et pas seulement à la plage.

Edouard Moreau


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