par Samuel Mayol, secrétaire général du Comité Laïcité République 15 août 2025

L’antisémitisme tue.
Ilan Halimi en fut la victime tragique, martyrisé à vingt-trois ans par le gang des barbares, il y a désormais plus de vingt ans.
Tant d’années ont passé, mais le choc de cet acte ne s’efface pas de notre mémoire collective.
Nous pensions alors que planter un arbre en sa mémoire serait un geste d’apaisement, de résistance, un symbole vivant de fraternité et de refus de la haine.
Mais voilà que même après la mort, l’antisémitisme continue son œuvre destructrice. L’arbre planté pour Ilan Halimi, cet arbre fragile mais porteur d’un espoir obstiné, a été abattu.
Ce n’est pas seulement un acte de vandalisme, c’est une profanation écœurante. Abattre l’arbre d’Ilan, c’est s’acharner sur un mort.
C’est signaler, sans masque ni détour, que le poison antisémite ne connaît aucune limite — ni temporelle, ni morale.
Cet acte odieux n’est pas un fait divers isolé.
Il est l’expression d’un venin qui circule, insidieusement, dans des discours, des regards, des rumeurs, des réseaux sociaux, et parfois dans la violence larvée du quotidien.
Il prospère dans la lâcheté, encouragé par un confusionnisme qui dilue la gravité de la haine, et un relativisme qui fait de l’antisémitisme une « relique » jugée résiduelle ou dépassée.
Dire que l’antisémitisme est minoritaire, c’est refuser de voir la réalité.
C’est minorer la peur qui étreint des milliers de familles chaque jour dans notre République.
C’est, d’une certaine façon, être complice invisible de l’érosion des valeurs fondamentales sur lesquelles notre société se tient.
La République, notre bien commun, ne peut faillir à sa promesse de protection pour tous ses citoyens.
Il ne s’agit pas seulement d’un devoir d’État, mais d’une exigence partagée. Chacun d’entre nous porte la responsabilité de réagir, de témoigner, de refuser l’indifférence.
Car, lorsqu’on abat l’arbre d’Ilan Halimi, c’est à tous les citoyens qu’on s’attaque. À notre mémoire, à notre humanité, à la dignité du vivre-ensemble.
La lutte contre l’antisémitisme ne peut donc souffrir aucune tolérance, aucune accommodation, aucune relativisation.
Honorer la mémoire d’Ilan Halimi, c’est d’abord refuser que sa mort soit banalisée, ou que le deuil de ses proches puisse à nouveau être bafoué. C’est rappeler, inlassablement, qu’aucune société ne peut progresser en fermant les yeux sur l’indicible, ni en acceptant que la haine puisse, même pour de simples symboles, triompher du souvenir.
Face à cette honte, soyons unis, intransigeants, debouts.
Faisons pousser, à nouveau, des arbres de mémoire.
Mais surtout, faisons vivre, dans nos actes comme dans nos paroles, le refus inaltérable de toutes les formes d’antisémitisme.
Samuel Mayol,
secrétaire général du Comité Laïcité République
Voir aussi dans la Revue de presse le dossier Meurtre d’Ilan Halimi (jan.-fév. 06) (note de la rédaction CLR).
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