Edito du président

Port du voile : non au simplisme (G. Abergel, 4 sept. 06)

par Gilbert Abergel, président du Comité Laïcité République 4 septembre 2026

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En invoquant l’accord supposé de 60 % des Français pour l’interdiction du voile dans l’espace public, le RN dévoile un peu plus sa stratégie de séduction envers son électorat : flatter les pulsions et en faire un programme.

Il n’est pas question de nier l’évolution de certains de nos paysages urbains envahis par des femmes arborant ce symbole d’infériorisation. Le fait est patent. Mais proposer de pénaliser une tenue vestimentaire quelle qu’elle soit reviendrait à restreindre dangereusement nos libertés et opérer un amalgame qui ne pourrait que servir les adversaires de la République prompts à dénoncer une pseudo « islamophobie ».

Si on peut entendre que l’imposition du voile à des fillettes de cinq ans puisse être assimilé à un embrigadement contraire à notre tradition républicaine, généraliser son interdiction dans l’espace public ne peut que cliver notre société, et aller à l’encontre du principe de liberté garanti par nos lois qui permettent à tout citoyen de se vêtir comme il l’entend, et d’exprimer ses convictions religieuses dans l’espace public à condition de ne pas en troubler l’ordre.

Imagine-t-on les forces de police s’aventurer dans certains quartiers pour faire respecter une telle loi ? Même si la République ne peut s’abstenir de légiférer à la seule raison des difficultés d’application des lois qui seraient votées, il faut bien admettre qu’un tel dispositif serait difficilement applicable.

Il serait de plus discriminatoire à moins de réserver le même sort au port de la kipa ou du turban sikh.

L’islamisme, ce totalitarisme, ne se combat pas en transgressant nos libertés fondamentales.

Gilbert Abergel,
président du Comité Laïcité République



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