Avecla participation du CLR

VIDEO 11 jan. 26 Paris. Hommage aux victimes des attentats de janvier 2015 (Collectif, Paris, 11 jan. 26)

Gilbert Abergel, président du Comité Laïcité République 31 janvier 2026

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Cet hommage est devenu un rituel. Tachons de ne pas le réduire à une série de gestes et de mots convenus. Nous sommes réunis pour maintenir en vie et pour les poursuivre les combats de ceux dont nous honorons la mémoire.

Qu’avons-nous fait depuis ce jour de janvier 2015 qui nous plongea dans l’indicible et l’horreur ?
Nous avons pleuré, nous avons crié, nous avons dénoncé, nous avons résisté.
Nous avons été Charlie, sauf quelques imbéciles qui oublient que s’ils peuvent se prétendre « pas Charlie », c’est parce que des Charlie se sont battus pour qu’ils puissent l’exprimer.

Aujourd’hui, se souvenir d’eux, c’est rappeler leur combat et il en est un en passe d’être perdu par les Républicains.

Dans sa « Lettre ouverte aux escrocs de l’islamophobie qui font le jeu des racistes » Charb avait écrit « La stratégie des communautaristes maquillés en antiracistes consiste à faire passer le blasphème pour de l’islamophobie et l’islamophobie pour du racisme ». Et il rajoutait « Lutter contre l’islamophobie c’est lutter contre la liberté d’expression »

Cela n’a pas empêché un parti politique de gauche de créer une commission de lutte contre l’islamophobie, et une grande obédience maçonnique française de publier un ouvrage dont le titre est, je cite, « Francs-maçons, contre les extrême droites, l’antisémitisme, l’islamophobie », -il semble que ce faux pas ait été récemment corrigé-marquant ainsi la défaite idéologique de ceux qui rappellent, comme le faisait Charb et ses amis, que le délit de blasphème n’existe pas au sein de notre République.

Ces maladresses, nommons-les ainsi, consacrent la victoire de ceux qui considèrent que la critique de l’islam, une croyance parmi d’autres, donc susceptible de passer au filtre de la Raison au pays de Voltaire, est une agression contre les musulmans.

Mais ne nous renoncerons pas et porterons les alertes de Charb.

Car le recueillement ne suffit pas, l’évocation ne suffit pas, nos larmes ne suffisent pas. Si nous renonçons à dénoncer ces mensonges, si nous ne trouvons pas, dans cette rencontre annuelle la source d’une énergie pour combattre les mêmes ennemis, alors nous ne servons à rien.
Charlie, c’est notre histoire intime, c’est notre passé, c’est une greffe douloureuse dans notre mémoire collective. C’est l’histoire et l’identité des républicains authentiques, de ceux qui ne baissent pas les bras pour de misérables intérêts électoraux. De ceux qui résistent.
Résister, Charlie savait le faire.

Ce fut d’abord après l’interdiction d’Hara Kiri hebdo suite au fameux « Bal tragique à Colombey : Un mort ». (Discothèque Saint Laurent du Pont Isère 146 morts)
Charlie est né de cette interdiction. J’ai retrouvé ce n°1 de Charlie.
En page 2, un billet signé Charlie annonçait, suite à la mort d’Hara Kiri Hebdo, « Vous aimiez Charlie, vous adorerez Charlie hebdo. Toute l’équipe de Charlie est là, la bonne vieille équipe de Charlie. Eh bien voilà, voilà, voilà, voilà. Salut les gars ». Et, pour démontrer que la censure n’aurait pas raison de leur liberté d’expression, ils ont, dans les pages suivantes, rebaptisé Notre Dame de Paris devenue Notre Charles De Gaulle, la Tour Eiffel devenant la Tour Charles De Gaulle, l’océan atlantique, l’océan Charles De Gaulle, le Mont Blanc, le Mont Charles De Gaulle, et Colombey les Deux Églises, Charles De Gaulle de Mes Deux. Nous étions le 23 novembre 1970.
Charlie n’a pas été intimidé par cet acte de censure. Pas plus qu’il n’a cédé au lendemain du 7 janvier. Merci au Charlie d’aujourd’hui.
L’esprit, l’humour permettent d’évoquer le tragique en le délestant de sa charge dramatique et tétanisante. Sans rien cacher ou dénier. C’est bien là la seule façon d’approcher avec intelligence l’horreur dont l’humanité est capable. En rire. Et ne rien céder sur le soi-disant respect dû aux croyances, à toutes les croyances. L’islamophobie n’existe toujours pas.
Merci les amis.


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