23 juin 2026
Courrier envoyé à une sénatrice, un sénateur, et quatre députées

Madame la sénatrice, Mesdames les députées, Monsieur le sénateur ,
Vous allez avoir, prochainement, à vous prononcer pour, contre, voire vous abstenir comme lors de la première lecture, sur le vote définitif de la loi relative à la fin de vie. Cette loi permettra et autorisera, en aucun cas elle contraindra ni n’imposera à quiconque.
Je vous invite, si vous n’avez pas connaissance, à visionner le témoignage bouleversant et poignant de Charles Biétry diffusé sur France 2, dimanche soir 14 juin 2026 (cliquez sur le lien pour écouter Charles Biétry aidé par l’I.A pour s’exprimer).
Atteint de la maladie de Charcot, il interpelle tous les parlementaires dont vous. Il nous place face aux femmes et aux hommes qui ne supportent plus leurs terribles souffrances et la dégradation humaine.
Avons nous le droit de laisser comme seules alternatives pour les personnes dont les moyens financiers ne leur permettent pas de s’expatrier à l’étranger et pour tous les autres, le suicide avec tout ce que la violence d’un tel acte représente pour le malade lui même comme pour ses proches ?
Quelles que soient nos convictions religieuses, politiques culturelles, cultuelles, syndicales ou philosophiques, son poignant témoignage nous interpelle toutes et tous.
Cette loi, ce nouveau droit, initiée par le sénateur Henri Caillavet en 1978, n’empêchera pas les adeptes d’une religion de s’imposer les règles de leur dogme ou morale religieuse pour respecter leur conception personnelle sur la fin de vie. Ce droit nouveau constitue une avancée majeure dans l’exercice effectif de la liberté individuelle proclamée par les valeurs républicaines de notre devise nationale, "Liberté, Egalité, Fraternité". Cette loi n’est en rien une obligation. En revanche, elle permet à celles et ceux qui le souhaitent et le demandent de mourir dignement, loin des souffrances et de la dégradation humaine.
La décision de mourir et d’être aidé à mourir relève de la liberté de chacune, chacun d’entre nous en totale liberté de conscience. C’est l’article 1er de la loi du 9 décembre 1905, loi constitutionnelle qui en est le garant : « La République assure la liberté de conscience. »
Elle ne doit relever d’aucune autre décision que celle du citoyen libre. Elle, il a le droit de demander non qu’on le laisse mourir, mais bel et bien qu’on "l’aide à mourir dans la dignité", si elle, il juge que l’heure est venue pour lui de quitter cette terrible existence. Qui peut s’arroger le droit de lui imposer de vivre, voire survivre à cette longue et lente souffrance et dégradation, sans espoir aucun ? Personne.
Madame la sénatrice, Mesdames les députées, Monsieur le sénateur, l’urgence de cette loi de liberté n’est plus à démontrer. Il est impératif qu’elle soit votée le plus rapidement possible afin de respecter la dignité humaine. Qui peut lui infliger la lente peine de mort ? Personne.
Nous constaterons et réagirons au niveau local comme national au vu des résultats des votes exprimés à l’Assemblée nationale et au Sénat, l’antre de la démocratie.
Restant à votre disposition, recevez Madame la sénatrice, Mesdames les députées, Monsieur le sénateur, nos salutations laïques et républicaines.
Voir aussi dans la Revue de presse la rubrique Fin de vie,
les éditos Fin de vie : les religions auront-elles le dernier mot ? (G. Abergel, 28 fév. 23), Le droit à mourir dans la dignité : un combat laïque (P. Kessel, 18 mars 10),
les communiqués du CLR Droit de mourir dans la dignité : le Comité Laïcité République dénonce le poids exorbitant des morales religieuses (10 oct. 03), Droit de mourir dans la dignité : un droit inaliénable pour tout être humain (15 oct. 04),
Avec la participation du CLR "Le modèle français d’accompagnement à la fin de vie doit permettre le suicide assisté et l’euthanasie" (Pacte progressiste sur la fin de vie, 2 oct. 23) dans Pacte progressiste sur la fin de vie,
la VIDEO Webinaire "Un droit fondamental : le droit à mourir dans la dignité" (CLR, 17 fév. 22), le Colloque "Fin de vie, la liberté de choisir" (CLR, Paris, 28 oct. 17),
dans les Initiatives proches ADMD, Terra Nova B. Poulet : "Je ne veux pas aller en Suisse" (tnova.fr , 2 mars 23) et dans les Liens Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité (ADMD), Le Choix Citoyens pour une mort choisie
(note de la rédaction CLR).
Comité Laïcité République
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