Revue de presse

J. Julliard : "Les caves se rebiffent" : "la société respire encore" (Marianne, 28 sep. 18)

4 octobre 2018

[Les articles de la revue de presse sont sélectionnés à titre informatif et ne reflètent pas nécessairement la position du Comité Laïcité République.]

"Grande nouvelle ! Bonne nouvelle aussi : la société existe encore ! On l’avait crue perdue corps et biens dans « les eaux glacées du calcul égoïste » (Marx), sur la foi de Margaret Thatcher, qui nous avait prévenus dès 1987 : « There is no such thing as society. » Il n’y a pas de société, il n’y a que des individus isolés, poursuivant, dans un univers aseptisé, totalement homogène, totalement globalisé, l’optimisation de leur intérêt personnel. Le reste, les classes sociales, les relations sociales, les nations, les langues, les mœurs, les coutumes ancestrales, les solidarités familiales, en un mot - mais oserai-je ce gros mot ? - les identités, c’était bon pour les sauvages.

Et puis, quatre livres différents, quatre excellents livres qui n’ont de commun au départ que la lecture d’affilée que j’en ai faite ces jours-ci, m’ont, chacun à sa façon, convaincu du contraire : la société respire encore, en dépit des efforts du capitalisme libéral pour lui tordre définitivement le cou. Ce sont, dans l’ordre alphabétique des noms de leurs auteurs, et sans préjudice de comptes rendus spécialisés qu’ils méritent amplement : la Religion des faibles. Ce que le djihadisme dit de nous, de Jean Birnbaum (Seuil) ; No Society. La fin de la classe moyenne occidentale, de Christophe Guilluy [...] ; la Gauche identitaire. L’Amérique en miettes, de Mark Lilla (Stock) ; le Loup dans la bergerie. Droit, libéralisme et vie commune, de Jean-Claude Michéa [...].

Nos quatre auteurs sont de gauche, de la plus sociale-démocrate à la plus libertaire, de la plus tocquevilienne à la plus marxiste ; mais tous quatre ont en commun de s’insurger contre la capitulation de leur camp devant l’esprit du temps, avec pour conséquence cet encéphalogramme plat qui commence à faire problème jusque chez les plus résignés. [...]"

Lire "Les caves se rebiffent".



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