“Du fait de leur couleur ou origine, de leur orientation sexuelle, de leur appartenance religieuse, des pans entiers de la population se voient plus ou moins tenus à l’écart de la citoyenneté ordinaire, victimes de discriminations. Dans nombre de pays, des traits culturels et un sentiment d’appartenance, des liens de solidarité unissant les membres d’un groupe à l’histoire commune existent bel et bien. On ne saurait donc analyser toute société à l’aune des seuls rapports de classes. Pour ne prendre qu’un exemple, on rappellera l’expérience amère des sandinistes, au Nicaragua, au début des années 1980 : animés d’idées généreuses, mais par trop jacobines et centralisatrices, ils ont ignoré la culture spécifique des Indiens Miskitos, entrant dans un conflit aux funestes conséquences — une guerre ! — avec eux. D’un autre côté, l’« Obamania » qui a déferlé sur la France a remis à l’ordre du jour le débat sur l’« invisibilité » des « minorités visibles » et la longue marche des « Obama français ». Après les nominations de Mmes Rachida Dati, Rama Yade et Fadela Amara au gouvernement, le président Nicolas Sarkozy a annoncé, le 17 décembre, l’arrivée de M. Yazid Sabeg au poste nouvellement créé de commissaire à la diversité et à l’égalité des chances. La différence se voit ainsi reconnue et valorisée. Voire amplifiée ! Au risque de renforcer une assignation à résidence communautaire ou religieuse quand, affirme ci-dessous Walter Benn Michaels, le problème principal est la recherche de l’égalité économique.”
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